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02 juillet 2009

En Argentine, des archives numérisées pour sauver le tango

Copie d'un article de journal....

BUENOS AIRES (AFP) — Sauver tous les enregistrements de tango réalisés depuis 1907, aujourd'hui en danger, en les numérisant : c'est le projet fou que l'Argentin Ignacio Varchausky lance mercredi à Buenos Aires.

"Au moins trois mille enregistrements n'existent déjà plus : c'est notre dernière chance, si nous ne numérisons pas maintenant, ce sera perdu pour toujours", prévient ce passionné de tango de 32 ans, qui ne compte plus ses casquettes.

Contrebassiste, fondateur du groupe "El Arranque", producteur, créateur d'un Orchestre-Ecole qui accueille des jeunes musiciens du monde entier, directeur de l'Association Tango Via Buenos Aires, Ignacio Varchausky lance son projet le plus ambitieux.

Depuis trois ans, lui et et son équipe ont préparé le terrain en numérisant 6.000 enregistrements sur un total de 100.000 existants. Il présentera mercredi six discographies complètes d'hier et d'aujourd'hui. Mais il manque le financement, près d'un million de dollars, pour numériser les enregistrements restants sur cinq ans.

Ignacio Varchausky est parti d'un constat : seuls 20% des enregistrements sont disponibles chez les disquaires, souvent en CD de mauvaise qualité.

Les 80.000 restants sont entre les mains d'une trentaine de collectionneurs anonymes très âgés éparpillés dans le monde (Argentine, Uruguay, Japon, Colombie, Etats-Unis, Europe...).

"Ce sont des collections uniques : lorsque les personnes meurent, le matériel finit à la décharge ou alors on en perd sa trace", déplore-t-il.

Si les collectionneurs sont devenus "les vrais héros de cette histoire" c'est que les grandes maisons de disques ont détruit dans les années 60 toutes leurs matrices dans le cadre d'une politique systématique destinée à faire table rase pour remplacer le tango par le rock et la pop.

De chez lui, Ignacio Varchausky n'a qu'à faire quelques pas pour retrouver son "Orchestre-Ecole", que l'on entend répéter "Buenos Aires Mélancolique", d'Astor Piazzolla. Par la fenêtre de son bureau, au-delà du mur de la "Fondation Maison du Tango", on voit les arbres de sa maison.

Il s'excuse un moment pour passer un coup de fil. "Pour nous, c'est important, Bruno...!" dit-il, d'une voix basse mais déterminée. "Mais Bruno, avec tout ce que vous avez déjà fait pour nous..."

Bruno est l'un de ces précieux collectionneurs. Ignacio Varchausky, qui juge vitale sa présence mercredi à la présentation du projet à l'Alliance Française de Buenos Aires, pense l'avoir finalement convaincu. Mais reste prudent.

Il a commencé à fréquenter ces amoureux du tango à l'adolescence, lorsqu'il a réalisé que seuls eux avaient tout. Ni l'Etat ni aucune institution n'avait jamais pris la peine de préserver ce trésor national.

Son père lui a offert un jour, comme une boutade pour un jeune fanatique de rock, un disque d'Ignacio Corsini, grand du tango des années 20 et 30. "J'ai adoré et j'ai immédiatement commencé mes recherches", dit-il.

Pour inciter l'Etat, la ville, les universités, les entreprises, les institutions internationales, à l'aider à sauver ce patrimoine mondial, Ignacio Varchausky veut frapper les esprits.

"Nous allons faire écouter un enregistrement ancien, d'abord dans la version CD en vente aujourd'hui et ensuite tel qu'il aurait dû être retranscrit", explique-t-il. "C'est le jour et la nuit !".

Les participants auront ensuite un avant-goût de la vraie base de données en construction. Ils pourront consulter sur quatre ordinateurs le matériel déjà numérisé. "Y compris des perles rares", assure-t-il, sans en dire davantage.

L'Unesco pourrait donner un coup de pouce en septembre en déclarant le tango, à la demande de l'Argentine et de l'Uruguay, patrimoine mondial de l'humanité.

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